Superstar Femme Superstar Chaussure Chaussure 2015 Adidas Adidas 2015 Femme 0vOnwm8N
Superstar Femme Superstar Chaussure Chaussure 2015 Adidas Adidas 2015 Femme 0vOnwm8N
Neurobiologie

À l'aune des neurosciences, la liberté, le libre arbitre ont-ils encore un sens, du moins le sens que les philosophes leur accordent depuis l'Antiquité ? Quelles sont les conséquences des récentes découvertes des neurobiologistes sur ces notions largement débattues ?

Élisabeth Pacherie| | CERVEAU & PSYCHO N° 9|
Superstar Femme Superstar Chaussure Chaussure 2015 Adidas Adidas 2015 Femme 0vOnwm8N
Superstar Femme Superstar Chaussure Chaussure 2015 Adidas Adidas 2015 Femme 0vOnwm8N
Simone presse sur la détente. Roger, atteint d'une balle en plein cœur, meurt sur le coup. Simone est-elle moralement responsable de la mort de Roger ? Elle l'est, dirons-nous, si elle a agi librement. La notion de responsabilité morale est fondamentale dans nos systèmes moraux et juridiques. Sans libre arbitre, pas de responsabilité morale et rien ne justifierait que l'on blâme ou loue la conduite d'autrui. Mais qu'est-ce qu'agir librement ? Quelles conditions doivent être réunies pour que nous soyons libres de nos choix et de nos actions ? Telle est, débattue depuis plus de deux millénaires par les philosophes, la question du libre arbitre.

Cette question surgit dès qu'entre en scène l'idée du déterminisme, l'idée que tout ce qui advient devait advenir. Le déterminisme peut prendre plusieurs formes. Le déterminisme théologique se fonde sur l'idée de l'omniscience et de la prescience divine : Dieu sait tout, il a une connaissance infaillible non seulement des événements passés et présents mais aussi du futur, y compris de nos actions futures. Mais comment nos choix et nos actions pourraient-ils être libres si Dieu sait déjà ce que nous ferons demain ? Comment pourrions-nous maintenir que nous avons librement choisi de nous arrêter à l'auberge plutôt que de poursuivre notre route, si, comme le dit Jacques le Fataliste, il était écrit là-haut que nous nous arrêterions à l'auberge ?

Le déterminisme peut aussi être causal. Il fait alors appel non à Dieu, mais aux lois de la nature. Selon le déterminisme causal, les lois de la nature sont parfaitement générales et elles sont déterministes plutôt que probabilistes. Autrement dit, elles s'appliquent à tout ce qui existe dans l'espace et le temps, et les régularités qu'elles décrivent ne comportent aucune exception. Si le déterminisme causal est vrai, alors ce qui adviendra dans le futur est causalement déterminé par les événements passés en conjonction avec les lois de la nature.

Un choix cornélien

C'est bien la thèse du déterminisme causal qui est aujourd'hui au cœur du débat philosophique sur le libre arbitre. Dans sa formulation classique, l'argument de l'incompatibilité du déterminisme et du libre arbitre prend la forme suivante. Un agent n'agit librement que s'il aurait pu agir autrement qu'il ne l'a fait. Si le déterminisme est vrai, un seul futur est possible étant donné les faits passés et les lois de la nature, et nul ne peut agir autrement qu'il ne le fait. Il s'ensuit que si le déterminisme est vrai, personne n'agit jamais librement.

Marque Pointe Basket Femme Et De Scratch Grise Argent Montante kPiTOZlwXu

On peut accepter l'argument et en tirer des conclusions diamétralement opposées. Si l'on pense que le libre arbitre existe, on rejettera le déterminisme. Cette position est celle du libertarianisme. Si, à l'inverse, on estime que le déterminisme est vrai, on rejettera le libre arbitre. Selon cette position – le déterminisme dur –, le libre arbitre est une illusion et nous ne sommes pas moralement responsables de nos actions. Chacun de ces choix a son prix.

La principale difficulté à laquelle se heurte le libertarianisme consiste à montrer en quoi la fausseté du déterminisme plutôt que sa vérité nous permettrait d'établir que nous sommes des agents libres et moralement responsables. Supposons que les libertariens soutiennent que tous les événements ne sont pas causalement déterminés, mais que certains adviennent de façon aléatoire. En quoi l'affirmation que nous sommes des agents libres et moralement responsables est-elle mieux servie par la supposition que ce que nous faisons est en partie le fruit du hasard ? Si quelque événement aléatoire a fait que Simone a décidé de tirer et a appuyé sur la détente, en quoi est-elle moralement responsable de la mort de Roger? À troquer la nécessité contre le hasard, il ne semble pas vraiment que l'on gagne au change. S'ils veulent vraiment défendre l'existence du libre arbitre, les libertariens ne peuvent se satisfaire de n'importe quelle forme d'indéterminisme. Traditionnellement, ils ont soutenu que les agents disposent d'un pouvoir causal unique et mystérieux, qui ne se rencontre nulle part ailleurs dans la nature et qui tel un fiat divin leur permet de causer des changements dans le monde sans avoir eux-mêmes une cause. Mais, aux yeux de beaucoup, cela revient non seulement à nier le déterminisme, mais aussi à instaurer une sorte de dualisme en attribuant aux agents des pouvoirs causaux qui les placent hors de l'ordre de la nature.

Les déterministes durs ne cherchent pas à défendre l'idée de responsabilité morale, au contraire, ils la nient. Nous ne pouvons, disent-ils, être tenus pour moralement responsables que de ce qui dépend de nous. Nos actions dépendent de ce que nous sommes, de notre caractère, de notre personnalité, de nos motivations. Mais ce que nous sommes est déterminé par notre hérédité, nos premières expériences et notre éducation, toutes choses dont nous ne sommes pas responsables et qui ne dépendent pas de nous. C'est peut-être son tempérament colérique qui a fait que Simone a appuyé sur la détente, mais Simone n'a pas décidé d'avoir un tempérament colérique. Puisque cela ne dépend pas d'elle, il n'est pas justifié de la tenir pour moralement responsable de son acte.

Libre arbitre et déterminisme sont-ils conciliables ?

Les compatibilistes contestent la validité de l'argument incompatibiliste et en rejettent la conclusion, affirmant qu'il est possible de concilier libre arbitre et déterminisme. Ils renvoient dos à dos libertariens et déterministes durs estimant que les uns et les autres ont une conception déraisonnable de ce qu'est ou devrait être le libre arbitre humain. Pour les compatibilistes, être libre, c'est ne pas être physiquement ou psychologiquement contraint de faire ce que l'on fait. Le caractère, la personnalité, les préférences et motivations de Simone peuvent bien être entièrement déterminés par des événements sur lesquels elle n'a aucun contrôle, mais avoir un tel contrôle n'est pas nécessaire pour agir librement. Simone agit librement pour autant qu'elle peut choisir d'agir selon ses préférences ou ce qu'elle estime être le mieux étant donné qui elle est. Si elle n'a pas été physiquement contrainte d'appuyer sur la détente ou si elle n'était pas en proie à un accès de panique incontrôlable, elle a agi librement et doit assumer la responsabilité de son acte.

Un agent agit librement pour autant qu'il aurait pu agir autrement qu'il ne l'a fait ; quel est le sens de cette affirmation ? Pour un incompatibiliste, cela signifie que ce même agent, placé dans des circonstances identiques, avec les mêmes préférences et les mêmes croyances, aurait pu choisir d'agir autrement qu'il ne l'a fait. Pour le compatibiliste, c'est moins là une définition du libre arbitre que du caprice. Dire qu'un agent qui agit librement aurait pu agir autrement qu'il ne l'a fait, c'est dire seulement que si, dans des circonstances extérieures identiques, il avait eu d'autres préférences ou su des choses qu'il ignorait, il aurait agi autrement.

Si la conception que se font les incompatibilistes du libre arbitre peut sembler déraisonnablement exigeante, la conception compatibiliste peut paraître à son tour manquer de substance. Si l'on agit librement pour autant seulement qu'on n'est pas forcé d'agir sous la contrainte (la menace d'une arme, par exemple), alors un chien ou un chat peuvent aussi être considérés comme des agents libres. Pourtant, nous ne tenons pas les animaux pour moralement responsables de leurs actions.

Esclaves du cerveau inconscient ?

Comment les compatibilistes peuvent-ils étoffer leur conception du libre arbitre pour rendre compte de ce qui nous distingue des animaux ? Nombreux sont ceux qui voient dans la forme de conscience de soi dont les êtres humains sont pourvus la différence cruciale entre êtres humains et animaux. Nous avons conscience d'être placés devant des choix et pouvons délibérer consciemment sur ces choix et sur les raisons que nous avons d'agir de telle ou telle manière. C'est notre capacité de délibérer et d'exercer un contrôle conscient sur nos choix et nos actions qui fait la différence entre la forme de libre arbitre que nous possédons et ce dont sont capables les animaux.

Toutefois, on peut craindre que la définition du libre arbitre ainsi étoffée ne se heurte à de nouvelles objections. En liant le libre arbitre à des capacités de délibération, de décision et de contrôle conscients, elle présuppose, semble-t-il, que la conscience puisse jouer un rôle causal dans l'action. Or certaines études semblent jeter le soupçon sur le rôle causal de la conscience. C'est le cas des expériences de Benjamin Libet, telles du moins que lui-même les interprète (voir le débat entre Pierre Jacob et Gilles Lafargue, page 46). Dans ces expériences, les sujets devaient appuyer sur un bouton aussi spontanément que possible. On a constaté qu'une forme d'activité cérébrale, nommée potentiel de préparation, apparaît environ 300 millisecondes avant que le sujet ne prenne conscience de son intention d'agir, ce que B. Libet appelle la volonté consciente. Cette prise de conscience précède elle-même l'action d'environ 200 millisecondes, et pendant ce laps de temps, il est possible de refréner l'action. Qu'en conclut B. Libet ? Que la conscience ne peut pas initier l'action mais qu'elle peut l'inhiber ou la stopper. Notre libre arbitre se limiterait donc à l'exercice d'un droit de veto.

À y regarder de plus près cependant, ces conclusions se fondent sur de curieuses prémisses. Pour B. Libet, un acte soumis à des lois macrodéterministes ne saurait être vraiment libre. Autrement dit, il tient pour acquis l'incompatibilisme. Il tient aussi pour acquis que les processus mentaux inconscients sont soumis à de telles lois. Enfin, il semble penser que seule la cause initiale d'une action peut véritablement compter comme une cause, autrement dit qu'une cause n'est telle que si elle n'est pas elle-même causée. Selon lui, puisque l'intention consciente a son origine dans des processus mentaux inconscients, on ne peut la considérer comme cause de l'action, et on ne peut donc pas considérer que l'action elle-même soit libre.

Le cerveau, instrument de la liberté

Comment peut-il alors soutenir que l'exercice d'un droit de veto conscient est une manifestation de notre libre arbitre? Un veto n'est-il pas aussi un type d'action ? Si l'on peut librement initier un veto, pourquoi ne pourrait-on initier librement d'autres types d'actions ? Et si les actions ne peuvent être librement initiées, pourquoi les veto le pourraient-ils ? B. Libet en est réduit à affirmer que la décision d'agir ou de ne pas agir se produit pour ainsi dire ex nihilo, qu'elle ne requiert pas ou n'est pas le résultat direct de processus mentaux inconscients. Mais c'est là retomber dans le dualisme. Comme le souligne G. Lafargue, du point de vue du neurobiologiste, la pensée consciente requiert l'activation d'une quantité importante de neurones : il est impossible qu'elle ne soit précédée par une activité cérébrale inconsciente et qu'elle ne soit elle-même une forme d'activité cérébrale. Refuser de cautionner le dualisme, ce n'est pas refuser d'admettre que la conscience puisse jouer un rôle causal d'initiation ou veto de l'action, mais refuser d'admettre que pour ce faire elle doive surgir toute armée du néant.

Le compatibiliste qui met en avant le rôle de la conscience dans le libre arbitre humain n'exige nullement que, pour jouer ce rôle, elle soit complètement indépendante de processus inconscients. Il n'exige pas non plus que chaque étape de la préparation d'une action soit consciente. À cet égard, se focaliser sur les 500 millisecondes qui précèdent le démarrage de l'action relève d'ailleurs de la myopie. Supposons que Simone, au lieu de presser sur la détente du revolver, se soit portée volontaire pour les expériences de B. Libet et se soit modestement contentée d'appuyer sur un bouton. Se porter volontaire relève d'une décision consciente motivée par des raisons diverses (l'appât du gain si les volontaires étaient rétribués pour participer aux expériences ou le désir de contribuer à une entreprise scientifique ou simplement la curiosité). Avec cette décision allait de pair l'intention de se plier à la consigne expérimentale et d'appuyer aussi spontanément que possible sur le bouton. B. Libet néglige complètement le rôle de ces intentions préalables conscientes et leur influence sur la suite de ses expériences, influence qui peut parfaitement s'exercer par des voies inconscientes. Carson 2 Puma Garçon Chaussures Superman V Bébé Bleu 0NnPXwO8k

L'influence de la conscience sur l'action peut s'exercer de façon encore plus lointaine. Supposons que Simone, quand elle ne décime pas la population masculine à ses heures perdues ou ne participe pas à des expériences scientifiques, soit pianiste professionnelle. Lorsqu'elle joue en concert, ses actions sont essentiellement automatiques, n'étant ni précédées ni accompagnées d'intentions conscientes spécifiques. Faut-il penser qu'elle n'agit pas librement ? C'est là négliger tout son travail méticuleux de préparation, les heures innombrables qu'elle a passées à acquérir ces automatismes. À moins qu'elle n'ait été enchaînée à son piano par quelque despote, c'était de sa part un sacrifice librement et délibérément consenti.

Si l'organisation de notre cerveau rend possible la pensée consciente tout en la déchargeant de tâches ancillaires, il faut peut-être y avoir un instrument de notre liberté plutôt que de notre servitude.

Superstar Femme Superstar Chaussure Chaussure 2015 Adidas Adidas 2015 Femme 0vOnwm8N

Abonnez-vous et accédez à plus de 15 ans d'archives !

11 numéros en version papier + numérique

+ Accès illimité à plus de 15 ans d'archives

Je m'abonne
Perry Perry Fred ChaussuresSacsVetementsAccessoires Textile ChaussuresSacsVetementsAccessoires Homme Homme Textile Fred iPXuZk
Newsletter Superstar Femme Superstar Chaussure Chaussure 2015 Adidas Adidas 2015 Femme 0vOnwm8N

Nos dernières parutions

Retour en haut de page

Vous avez déjà un compte ?

Identification

Identifiez-vous pour accéder à vos contenus

Voir
Mot de passe oublié ?

Vous n'avez pas encore de compte ?

Inscription

Inscrivez-vous pour activer votre abonnement ou commander des numéros.

Créer mon compte